C’est avec Abraham que la grande aventure de la foi a commencé : la foi des Juifs d’abord, puis dans l'ordre chronologique, celle des chrétiens, et enfin celle des musulmans.>
Abraham vivait en Mésopotamie, probablement vers 1850 avant Jésus-Christ (encore qu'on n'en ait actuellement aucune certitude). Les historiens ont retrouvé des traces de mouvements de population dans la vallée de l'Euphrate, à cette époque-là.
Abraham habitait la ville de Our, dans la vallée de l'Euphrate, près du Golfe Persique, à l'extrême sud-est de l'Irak actuel. Il vivait là avec sa femme Sara, son père Térah, ses frères, (Nahor et Haran), et son neveu Loth.
Au moment où commence l’histoire racontée par la Bible, Abraham avait soixante-quinze ans, Sara soixante-cinq. Ils n'avaient pas d'enfant et donc, vu leur âge, plus aucun espoir d’en avoir un jour.
On dit souvent que Dieu a choisi un peuple pour se faire connaître ; à vrai dire, il n’a pas choisi un peuple, mais un couple de vieillards sans enfants !
Abraham était nomade et, comme tout nomade, il se déplaçait en fonction des besoins de ses troupeaux. Un jour, ils ont pris la route, le vieux père, Térah, Abraham et Sara, ainsi que Loth. La caravane remonta la vallée de l'Euphrate du sud-est au nord-ouest avec l'intention de redescendre vers le pays de Canaan. Leur dernière étape au nord-ouest s'appelait Harran.
C'est là que pour la première fois, il y a donc presque quatre mille ans, Dieu parla à Abraham et lui dit : « Pars de ton pays, de ta famille et de la maison de ton père vers le pays que je te ferai voir. Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai. Je rendrai grand ton nom.» (Genèse 12, 1).
Voilà les projets que Dieu fait pour Abraham : une descendance au point de devenir une nation, la prospérité, la bénédiction ; tout ce dont rêve un homme de cette époque, mais aussi tout ce dont cet homme-là, étant donné son âge, ne peut plus rêver ! Abraham est donc arraché à son destin naturel : ce qui est nouveau, ce n'est pas qu'il se déplace, il passe sa vie à marcher avec ses troupeaux ; ce qui est nouveau, c'est qu'il est choisi par Dieu pour être l'ancêtre du peuple élu. Alors Abraham, le nomade, s’est remis en marche.
Abraham avait du bon sens, Sara également. L’un comme l’autre n’ont pu s’empêcher de rire lorsque Dieu, à plusieurs reprises, a réitéré ses promesses. Ils ont même imaginé une solution pour donner un descendant au vieil homme.
La coutume de la « mère porteuse » existait déjà (elle existe en toutes lettres dans le Code d’Hammourabi, roi de Babylone, vers 1700 av.J.C.) : par Agar, la servante de Sara, Abraham donna naissance à Ismaël.
Dieu bénit cet enfant-là, mais il ne considéra pas sa promesse accomplie pour autant. C’est au couple Abraham-Sara qu’il avait promis une postérité.
Les auteurs bibliques ont un langage très imagé : pour évoquer la descendance promise au patriarche, ils ont privilégié deux images : l’une dans le ciel, l’autre sur la terre.
Par deux fois, Dieu s’adressa à celui qui devait devenir le père des croyants :
- « Je multiplierai ta descendance comme la poussière de la terre au point que, si l'on pouvait compter la poussière de la terre, on pourrait aussi compter ta descendance. » (Gn 13,16)…
- « Contemple donc le ciel, compte les étoiles si tu peux les compter. Telle sera ta descendance. » (Gn 15,5).
L’histoire humaine n’est pas finie, mais déjà, tous les croyants monothéistes qui se reconnaissent fils d’Abraham constituent une postérité innombrable répartie à la surface du globe.
L’enfant tant attendu arriva enfin ; en souvenir du rire des ses parents, il s’appela « Isaac » (littéralement en hébreu « il rira », sans que l’on sache quel est celui qui rit : Dieu, ses parents ou lui-même ? On aime l’appeler « l’enfant du rire ».
Il doit sa vie, comme tout être humain, à un acte de foi de ses parents.
En ce qui le concerne, le projet de Dieu s'accomplit parce qu'Abraham a eu la patience d'attendre jusque-là. Abraham a cent ans, son aventure avec Dieu date de vingt-cinq ans ! Si Isaac a pu naître, malgré les obstacles naturels évidents, c’est parce que « rien n’est trop prodigieux pour le Seigneur », comme l’a dit Dieu lui-même à Abraham et Sara (Gn 18, 14).
....Texte de l'onglet...